Thierry
Roisin
Originaire du Périgord, j’ai gardé le goût de la simplicité des agriculteurs des bords de Dordogne et le plaisir de la bonne chère. L’école de rugby que je pratiquais assidûment m’a appris l’esprit d’équipe et les escapades à la lampe-torche dans les grottes du pays de Cro-Magnon m’ont rendu curieux de l’histoire des hommes. J’ai poursuivi des études littéraires d’allemand et de suédois à Paris, avant de devenir comédien. Formé sur le tas, j’ai intégré pendant dix années plusieurs compagnies théâtrales. Passionné de langues, j’ai appris l’allemand, le suédois, le slovaque, l’indonésien et la langue des signes française. En 1985, j’ai fondé avec la complicité de François
Marillier, percussionniste-compositeur, la compagnie Beaux-Quartiers.
Pendant presque vingt ans, un réseau d’artistes proches
a accompagné régulièrement les créations,
parmi lesquels Jean-Pierre Larroche, scénographe, Subventionné par la DRAC Ile de France à partir de 1987, la compagnie a donné naissance à 21 spectacles qui ont été présentés en France et à l’étranger. Elle a été en résidence au Théâtre des Arts de Cergy-Pontoise, puis au Centre Dramatique National des Alpes, à la Scène Nationale de Belfort, au Theater Lübeck. La rencontre avec l’équipe des acteurs sourds d’I.V.T. et les recherches autour de la langue des signes ont marqué son parcours. Un compagnonnage avec le Théâtre de la Cité Internationale à Paris lui a permis d’y présenter la plupart des créations et d’animer parallèlement plusieurs ateliers de pratique artistique. Les créations ont été marquées par le fameux « faire théâtre de tout » lancé par Antoine Vitez, vécu comme une invitation à de nouvelles écritures scéniques, dans le souci de rester accessibles. Dans cet esprit d’ouverture, les spectacles ont abordé aussi bien des textes du répertoire (Sophocle, Georg Büchner, Marlowe), des écritures contemporaines (Henry Bauchau, Herbert Achternbusch, Paul Valéry, Manuela Morgaine, Jonas Gardell), des adaptations de nouvelles (Gustave Flaubert, Satyajit Ray, Gertrude Stein), des récits de voyage (Alexandra David-Néel, Tintin au Tibet), des textes philosophiques (Montaigne, Leopardi), des textes poétiques (le Kamasoutra), sociologiques (« La Misère du Monde » de Bourdieu). Si mes sources d’inspiration puisent autant dans la littérature théâtrale que dans la musique ou les arts plastiques, l’observation de la vie et des hommes restera la meilleure nourriture. Thierry Roisin |