Les Ailes du désir
à propos des spectacles

Focus sur les anges et les esprits de la nature

Publié le 15.12.14 par La Comédie de Béthune

Ouvert à tous

En lien avec le spectacle Requiem, nous vous proposons une sélection non exhaustive de textes, de vidéos et pistes audios autour des anges et esprits de la nature.

extrait du film Les Ailes du désir

(dans les paramètres Youtube, vous pouvez activer les sous titres en français)

extrait de L’Histoire de l’amour, de Nicole Krauss (éd. Folio Gallimard)

Des nouvelles. Je les avais lues je ne sais combien de fois. Il y en avait une – la nouvelle sans titre. C’est ma préférée, je ne les aime pas toutes. Mais celle-là est à part. Elle est courte, mais chaque fois que je la lis, je pleure. Il s’agit d’un ange qui vit dans Ludlow street. Pas loin de chez moi, de l’autre coté de Delancey. Il vit là depuis tellement longtemps qu’il a oublié pourquoi Dieu l’a fait descendre sur terre. Toutes les nuits, l’ange parle à Dieu à voix haute, et tous les jours il attend une réponse de Lui. Pour passer le temps, il déambule dans la ville. Au début, il se prend à s’émerveiller de tout. Il démarre une collection de cailloux. Il se lance tout seul dans des maths très compliquées. Et pourtant. Chaque jour qui passe il se sent un peu moins aveuglé par la beauté du monde. La nuit l’ange reste éveillé et écoute le bruit des pas de la veuve qui habite dans l’appartement au-dessus, et chaque matin, dans l’escalier, il croise Mr. Grossmark, le vieillard qui passe ses journées à se traîner de bas en haut dans la maison, puis de haut en bas en murmurant : Qui est là ? Pour autant que l’ange le sache, il ne dit jamais autre chose, sauf une fois où il s’était tourné vers l’ange en le croisant dans l’escalier et il lui avait dit : Qui suis-je ? , ce qui avait tellement interloqué l’ange qui ne parle jamais et à qui personne ne parle qu’il n’avait rien répondu, même pas : Vous êtes Grossmark, l’être humain. Plus il voit de tristesse, plus son cœur se détourne de Dieu. Il se met à hanter les rues la nuit, il s’arrête près de tous ceux qui ont l’air d’avoir besoin d’une oreille. Les choses qu’il entend – c’est trop. Il ne peut pas le comprendre. Quand l’ange demande à Dieu pourquoi Il ne l’a pas rendu plus efficace, sa voix se brise ne tentant de retenir des larmes de colère. Il finit par cesser complètement de parler à Dieu. Un soir, il rencontre un homme sous un pont. Ils partagent la bouteille de vodka que l’homme lui tend dans un sac de papier brun. Et parce que l’ange est ivre et solitaire et furieux contre Dieu, et parce que, sans même le savoir, il ressent le besoin, connu des humains, de se confier à quelqu’un, il dit la vérité à cet homme : qu’il est un ange. L’homme ne le croit pas, mais l’ange insiste. L’homme lui demande de le prouver et l’ange soulève alors sa chemise malgré le froid qui règne et montre à l’homme le cercle parfait sur sa poitrine, ce qui est le signe distinctif des anges. Mais cela ne veut rien dire pour l’homme, qui ignore les caractéristiques des anges, et qui lui dit alors : Montre-moi quelque chose que Dieu peut faire, et l’ange, naïf comme tous les anges, tend le doigt vers l’homme. Et comme l’homme pense qu’il ment, il lui balance un coup dans l’estomac, l’envoie tituber à reculons sur le quai, l’envoie plonger dans la rivière sombre. Où il se noie, parce qu’il y a un problème avec les anges, c’est qu’ils ne savent pas nager.

reportage vidéo sur Charles Fréger et sa série Wilder Mann

galerie photo Wilder Mann sur le site de Charles Fréger

émission radiophonique Nous descendons des arbres avec Francis Hallé (France Inter)

 

extrait du film Mon voisin Totoro de Hayao Miyazaki

pour aller plus loin

à lire

L’Histoire de l’amour, de Nicole Krauss, éd. Folio Gallimard

Des Hommes et des Anges, Catherine Chalier Albin Michel, 2007

Aâma, Fréderik Peeters, Gallimard, bande-dessinée en 4 volumes

liens

le site de Charles Fréger

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