© Comédie de Béthune / à partir d'une photo de la loi de la gravitéprise par Simon Gosselin
à propos des spectacles

habiter l’entre deux : introduction

Publié le 09.09.20 par La Comédie de Béthune

Le 1er octobre, sera présentée à la Comédie de Béthune la nouvelle création de Cécile Backès, la loi de la gravité, de l’auteur québéquois Olivier Sylvestre. Cette pièce raconte l’histoire de deux adolescents, DOM et FRED : de leur amitié et de leur souhait de traverser le Pont pour rejoindre LA VILLE.

J’ai accompagné cette création en tant qu’assistante à la mise en scène et dramaturge. Être dramaturge consiste à alimenter l’imaginaire des interprètes et de l’équipe de création, notamment en apportant des textes et des pistes de réflexion, en lien avec les thèmes de la pièce. Au sein de ce carnet de bord, je vous propose de partager la réflexion menée au sein de l’équipe, à travers des témoignages de plusieurs de ses membres.

Au cours de mes échanges avec Cécile, plusieurs champs d’exploration nous sont apparus, au croisement de l’anthropologie, des mythes fondateurs occidentaux et non-occidentaux et des questions de genre.

Nous avons fait le choix d’envisager la loi de la gravité comme un texte traversé par une mémoire – la mémoire de celles et ceux qui ont précédé Dom et Fred dans ces lieux, sur cette terre nord-américaine. Un texte également traversé par des forces non-humaines : vent, oiseaux, lumières de phares, sirènes de bateaux, vrombissements, fantasmes de fête dans une ville encore inaccessible et pourtant proche, animaux mythologiques…

Dom et Fred habitent un espace d’entre-deux, à la fois non-lieu et lieu des possibles, zone d’exploration, de liberté, de dissidence. Ils investissent cet espace d’avant le passage.
Dans cet espace limite, il leur est possible de déconstruire la norme, de la réinventer, de la ré-agencer – détruire, bricoler, jouer et se jouer des codes sociaux.
Dom et Fred ne ressemblent pas aux clichés des magazines, et c’est à partir de ce rejet à la fois imposé et assumé – que leur amitié puise sa force, pour avancer ensemble vers une renaissance.

Rejet d’une binarité imposée, qui leur permet de tracer un chemin vers le trouble, vers l’hésitation, vers le non-séparé.
Le non-séparé de ce qui serait masculin d’un côté / féminin de l’autre
Le non-séparé de ce qui serait la culture d’un côté / la nature de l’autre
L’humain / le non-humain, la civilisation occidentale / les peuples premiers…

Ce spectacle se propose d’explorer le trouble offert par l’espace entre-deux,
Par l’espace entre eux deux.
S’autoriser le droit à l’hésitation, l’incertain.
Faire surgir le tiers, le Nanabush, figure étrange qui les observe, et qui organise le monde autour d’eux.
Investir un temps en suspens – le temps d’un cycle d’année scolaire, le temps d’un spectacle,
Le temps de lever le pied ensemble juste avant de franchir le Pont.

Morgane Lory
assistante à la mise en scène et dramaturge de la loi de la gravité

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