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à propos de la comédie

la bande-son de notre vie

Publié le 15.06.16 par La Comédie de Béthune

Depuis 2015, qui restera l’année des attentats survenus à Paris – et dans bien d’autres villes – notre société a été rattrapée par la dimension tragique. Dans cette tempête de mort et de sang versé, dans ce moment où la pensée de la fragilité de nos vies nous assaille l’esprit, qu’est-ce qui peut nous rassembler ? Qu’est-ce qui nous reste ?

Existe-t-il une réponse possible dans la reconstruction d’une mémoire commune, active et dynamique, qui permette de nous projeter dans un imaginaire à venir ?

Chacun a pour lui sa réserve de souvenirs, intimes et secrets. Comme l’écrit Georges Steiner dans Réelles présences : « Ce qui est gravé dans la mémoire – et donc susceptible d’être remémoré – garantit la stabilité du Moi. Les pressions exorbitantes de la politique, le détergent que constitue la conformité sociale, ne peuvent pas le faire disparaître. Dans la solitude, publique ou privée, le poème remémoré, la partition jouée à l’intérieur de soi, sont les gardiens qui nous permettent de nous ressouvenir de ce qui résiste, de ce qui doit rester inviolé dans notre psyché. »

Je crois profondément que le théâtre public est un espace pour protéger et partager ces souvenirs, pour nous rassembler, pour nous préserver des violences du présent, recueillant au creux de la main ce qui constitue notre destin d’être humain – notre fragilité – et n’oubliant pas que beaucoup d’entre nous, de plus en plus précaires, fragiles ou différents, ont un besoin aigü de fraternité. Cette croyance fait partie de nos valeurs du théâtre public, auxquelles toute l’équipe de la Comédie est attachée, et de nos missions.

Mon Fric de David Lescot, que je créerai en octobre 2016, est un texte qui court sur 70 ans, de 1970 à 2040. Ce récit traverse les signes de la grande histoire en les rapprochant de nos langages parlés du quotidien, de musiques et de sons, ceux de la radio et de la télé partagés par tous.

Dans cet éclectisme ludique et politique, une question simple se fait jour : comment l’argent a-t-il évolué dans nos vies ? Comment nous souvenons-nous d’avoir fait connaissance avec la pensée du tout économique, l’argent virtuel et la précarité croissante… ? Le texte de Mon Fric fonctionne comme un appel de mémoire.

Voici notre mémoire sonore convoquée, comme pour un jeu. L’équipe artistique a commencé ce jeu, et nous vous proposons, spectateurs de la Comédie, de vous joindre à ce geste participatif.

Dans l’esprit du Je me souviens de Georges Perec, voici donc quelques souvenirs :

Je me souviens de « un enfant quand je veux si je veux », slogan des manifs MLF en octobre 1977, j’avais 12 ans et c’est la première fois que j’ai défilé dans la rue.

Je me souviens de I will survive chantée à tue-tête le soir où la France est devenue championne du monde de foot, le 12 juilllet 1998.

Je me souviens de Il y a, chanson de Gaëtan Roussel écrite pour Vanessa Paradis, dont j’ai souvent fredonné les paroles :

Parfois on regarde les choses telles qu’elles sont en se demandant pourquoi

Parfois on les regarde telles qu’elles pourraient être en se disant pourquoi pas ?

Si je pense à ces paroles, c’est qu’elles me permettent de faire un « pas de côté » et d’envisager le monde tel que je le rêve. Plutôt que tel qu’il est.

Au fil des pages de cette brochure, vous découvrirez d’autres créations, traversées par notre mémoire commune, des spectacles et actions pour les publics jeunes et des rendez-vous au croisement de la littérature et de la culture rock : ainsi, avant d’accueillir Norah Krief et David Lescot, c’est l’écrivain Virginie Despentes qui viendra en ouverture de saison, accompagnée par le groupe Zëro.

Poursuivant son chemin vers l’accessibilité à tous, la Comédie de Béthune, théâtre public, s’ouvre à de nouvelles formes scéniques et au mélange des genres.

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