à propos de la comédie

moment rêvé #10 : Options théâtre

Publié le 02.06.20 par La Comédie de Béthune

Depuis de nombreuses années, la Comédie de Béthune est le partenaire artistique et culturel de l’option théâtre de deux lycées : le Lycée Louis Blaringhem de Béthune et le Lycée Albert Châtelet de St-Pol-sur Ternoise. 
Cette semaine, les présentations du travail de l’année de ces élèves auraient dû avoir lieu au Palace. 
A défaut de les voir sur scène, profitons de ce temps pour expliquer l’organisation des options théâtre. 

L’option théâtre, c’est quoi ? 

Le projet des options théâtre est d’éveiller et de sensibiliser les lycéen.ne.s à l’art du théâtre par la pratique et par la théorie. C’est une option qui peut, par la suite, après le baccalauréat, emmener ou non vers un parcours de formation aux métiers artistiques, techniques et administratifs du théâtre… mais ce n’est pas une obligation ! 

Particularité : c’est un enseignement partenarial proposé aux lycéens, qui associe des enseignants et des artistes professionnels. Dans toutes les classes, quelle que soit l’option choisie (de spécialité ou facultative), l’enseignement repose sur trois dominantes : 

> Une dominante historique avec des cours de théorie dispensés par des professeurs de l’Education Nationale, certifiés en théâtre : 

Au lycée Blaringhem, Marie-Cécile Cloître et Philippe Cuomo (également professeur missionné par la Délégation Académique aux Arts et à la Culture au sein de la Comédie de Béthune) 
Au lycée Châtelet, cette année : Catherine Leclerc, Marie Suel et Marjorie Not 

> Une dominante pratique avec des cours de pratique théâtrale, menés en partenariat avec des comédiens professionnels, employés par la Comédie de Béthune. Cette année les élèves ont reçu les enseignements de Cyril Brisse, Stéphanie Cliquennois, Sophie Daull, Sophie Descamps, Alhoucin Djahra, Monica Espina, et Sylvain Pottiez. 

> Et une dominante culturelle avec un parcours de spectateur étoffé, essentiellement au sein de la programmation de La Comédie de Béthune. 

La Direction Régionale des Affaires Culturelles accorde une subvention à la Comédie de Béthune pour faire intervenir des comédiens professionnels dans les classes d’options de spécialité. Pour les options facultatives, ce sont les lycées qui subventionnent ces heures d’interventions. 

Les épreuves du Baccalauréat 

Jusqu’à présent les élèves de terminales ont la possibilité de passer le Baccalauréat avec une option théâtre facultative et/ou de spécialité. 
L’option de spécialité repose sur un programme national d’œuvres. Cette année, les textes au programme concernant l’option de spécialité pour le baccalauréat étaient :  

Britannicus de Racine 

Woyzeck de Büchner, traduction de Philippe Ivernel et Patrice Pavis (Gallimard, Folio Théâtre) 

Tous des oiseaux de Wajdi Mouawad 

 Pour l’enseignement de spécialité, les élèves ont deux épreuves : 

– L’une, écrite, donne l’occasion aux élèves de proposer un projet théâtral cohérent et personnel à partir d’un sujet et de ressources diverses ; ou d’analyser une ou plusieurs représentations théâtrales des œuvres au programme. 

– L’autre, orale, consiste en un passage au plateau d’une scène d’une des œuvres au programme et un entretien sur le travail de l’année, les spectacles vus… 

Lépreuve de l’option facultative du Baccalauréat est un oral construit autour d’un dossier élaboré par l’élève sur le travail de l’année et qui comprend son travail personnel dans le cadre du projet collectif de la classe, son parcours de spectateur et un choix de travaux élaborés pendant l’année scolaire. L’élève présente une scène de pratique puis s’entretient avec le jury sur son dossier. 

Plus d’informations sur les épreuves : https://eduscol.education.fr/theatre/pratiquer/options-theatre/les-epreuves-de-theatre-au-baccalaureat 

Pour l’année scolaire 20-21, le programme se transforme légèrement avec la réforme du Baccalauréat. https://eduscol.education.fr/theatre/actualites/programmes-limitatifs-pour-lenseignement-de-theatre-2020-2021 

Au fil de l’année  

Au lycée Châtelet, le travail s’organise par trimestre et par projet. Il donne lieu à des présentations en public restreint au sein de l’établissement. 
En seconde, les groupes de Mme Suel et Mme Not ont mis en scène des tableaux vivants. Ces tableaux vivants ont été animés avec les élèves de l’option musique. Au second trimestre, un groupe s’est initié au travail du chœur autour de Ces filles-là d’Evan Placey tandis que le second groupe a travaillé quelques scènes de Tout ça tout ça de Gwendoline Soublin.    
Les 1ere, option de spécialité, ont tout d’abord travaillé sur Cet enfant de Joël Pommerat, puis sur Roméo et Juliette de Shakespeare. Juste avant le confinement, ils ont découvert The Island, d’Athol Fugard, texte écrit sous l’apartheid en Afrique du Sud. 
Quant aux terminales, programme oblige, ils ont joué la tension et le silence chez Woyzeck. Un atelier intergénérationnel organisé lors de la Semaine bleue a permis d’explorer les pistes dramaturgiques qu’offraient cette œuvre ouverte. Le deuxième trimestre a ouvert la voie à la tragédie et au vers racinien, dans une lecture contemporaine de l’œuvre. 

Au lycée Blaringhem, en seconde, le travail, progressif, commence au premier trimestre par la découverte de soi dans l’espace. Par des exercices, les élèves apprennent à maîtriser leur corps, se familiarisent avec la place qu’ils occupent dans l’espace, au sein de ce qui deviendra un lieu scénique. Les élèves sont alors prêts pour se lancer dans des improvisations ou prendre en charge des scènes de groupes. La fin de l’année scolaire donne lieu à un travail choral, c’est-à-dire à la prise en charge collective d’un texte à la manière d’un chœur revisité au sein duquel chacun trouve sa place. 
En 1ère et en Terminale, option facultative, les groupes se lancent dans des projets trimestriels ou annuels. Ils peuvent découvrir un thème ou un auteur par exemple. Cette année, ils ont travaillé sur la question de la vérité mais aussi sur la condition des femmes en découvrant de nombreux auteurs contemporains comme Joël Pommerat, Xavier Durringer, Denis Kelly, Arne Lygre ou Léonora Miano. 
En 1ère et en Terminale, option de spécialité, chaque trimestre est consacré au travail dramaturgique et pratique autour d’une œuvre. Les élèves de terminales se sont lancés dans les textes au programme cités plus haut. Les élèves de 1ère, quant à eux, ont parcouru, au premier trimestre, le mythe de Phèdre à travers plusieurs auteurs de l’Antiquité à nos jours, au deuxième trimestre, un texte d’Emmanuel Darley intitulé Flexible hop hop et, au troisième trimestre, une pièce courte de Tchekhov, L’Ours. 

 Pendant le confinement 

Le confinement a été l’occasion pour les élèves du lycée Châtelet de réaliser un podcast de deux textes contemporains.  
Marie Suel, enseignante, nous explique : 

« Notre confinement a été coupé en deux. Avant les vacances de Pâques, alors qu’on rêvait un retour au plateau. Après les vacances de Pâques quand tout s’est délité, que tout a disparu, baccalauréat, oral de théâtre, restitution sur le plateau de la Comédie. La déception était cruelle. Il a fallu remotiver les troupes, créer un nouvel horizon à atteindre, commun, lumineux.  
L’idée est venue toute seule, juste avant la reprise d’avril : sur mon bureau, laissé par mon fils, un exemplaire des Histoires comme ça de Kipling, qu’il devait lire pour le collège. Les histoires étaient courtes, drôles, elles se prêtaient à l’interprétation, au jeu, aux bruitages, à la musique. J’ai pensé aux fictions radiophoniques. A quelque chose à partager, qui passerait par la voix. Les terminales ont immédiatement été emballés. 
Les élèves de seconde moins expérimentés se sont attelés à un texte court, qui distillait assez de lumière pour sortir de l’ambiance particulière du confinement. Philippe Delerm s’est imposé naturellement avec ses Plaisirs minuscules 
Le partage était intrinsèque au projet : au-delà des échanges sur le net, je souhaitais recréer pour les élèves le paradis perdu d’une restitution : un plateau (chez eux), une œuvre à jouer, un public (l’auditeur). Ces envies de partage, de littérature, ce désir d’aller chez chacun, au-delà du confinement, ou du déconfinement, sont communes à la Comédie de Béthune. Elles sont inhérentes à l’art et au besoin de créer. C’était important pour les élèves d’imaginer que leur voix serait écoutée, qui plus est, sur le site de la Comédie, comme un nouveau rendez-vous.  
Le comédien Sylvain Pottiez, à ma demande, a créé une fiche d’aide et a enregistré un témoignage de son expérience à France Culture. Elèves et professeure, nous avons défriché et déchiffré les deux œuvres, à distance. On a bien ri finalement. Et on s’est dit qu’on assumait le fait maison, les bruits parasites, la vie quoi. » 

A écouter : 

Histoires comme ça de Rudyard Kipling

La première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules de Philippe Delerm

Pour les élèves du lycée Blaringhem, la manière de travailler a également dû être totalement réinventée.  
La question de la choralité en seconde semblait difficile car cela aurait demandé une coordination importante au sein des six groupes et les quelques 110 élèves environ inscrits en option théâtre du lycée. 
Un travail plus individualisé a été proposé. L’idée a germé de réaliser des petites capsules vidéo dans une chambre, dans un jardin, dans un salon, bref une autre manière de pratiquer quelque peu. 

> Plusieurs activités ont été proposées, notamment celle de s’approprier un tableau de maître et de se glisser à l’intérieur de celui-ci. Cette proposition s’inspire de la sérieA Musée Vous, A Musée Moi” , diffusée sur la chaîne Arte. L’objectif principal réside dans le titre : découvrir un tableau tout en s’amusant. Ne s’agit-il pas de jeu ? 
En 2nde Elise Calbet https://vimeo.com/413185019 
En Terminale option facultative Léna Dhoisne https://vimeo.com/413191032 

> La même activité a été proposée en option facultative. Ces élèves ont également eu la possibilité de découvrir une scène extraite d’un texte de Philippe Dorin, Sacré silence. 
Voici quelle était la consigne proposée : 
Et si dans un monde de silence, vous deveniez vendeurs de sons. Emparez-vous du texte de Philippe Dorin, comme vous le souhaitez. 
Camille Leire et Quentin Hanique https://vimeo.com/423979105 
Lucie Pruvost https://vimeo.com/423978040 

> Les élèves de 1ère spécialité ont découvert pendant le confinement le texte de Tchekhov, L’Ours. Une découverte progressive (recherche sur l’auteur, familiarisation avec les personnages, lecture des premières scènes…) a été faite avant de se lancer dans la lecture de l’intégralité du texte. 
Une des activités de pratique a consisté à s’inspirer de l’acteur Jean Rochefort qui présente les grandes œuvres du répertoire à la manière des Boloss. Les élèves ont pu s’essayer avec brio à cet exercice périlleux. 
Colline Bay https://vimeo.com/423979786 
Cloris Lecluse https://vimeo.com/423981450 
Une deuxième activité a consisté à s’essayer à la marionnette en proposant une scène de la pièce de Tchekhov.  
Florine et Thibault Brige https://vimeo.com/423982125 
Elisa Douchez https://vimeo.com/423982388 
Enfin les élèves de terminales ont sélectionné des définitions du théâtre dans le livre d’Olivier Py, Mille et une définitions du théâtre. Ils se sont amusés à en sélectionner et à en écrire d’autres, plus personnelles.

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