© Jeanne Roualet
à propos des spectacles

moment rêvé #5 : L’histoire de Clara

Publié le 14.04.20 par La Comédie de Béthune

« De toutes façons, il faudra bien que je sache.
C’est obligé. Oh ! j’ai bien une idée.
Je me doute de ce qui leur est arrivé.
A mon père. A ma mère. A mon frère. A mes sœurs.
Pourquoi moi, j’ai réussi à fuir ?

Vincent Cuvellier, L’Histoire de Clara

Chaque mercredi, pendant le confinement, nous partageons avec vous quelques traces de ces spectacles que vous auriez pu voir au Palace, « nos moments rêvés pour ce printemps ».
Merci à Laurent Levy pour sa contribution à l’invention des « moments rêvés » !

présentation du spectacle

L’Histoire de Clara est d’abord un album édité chez Gallimard Jeunesse paru en 2009 écrit par Vincent Cuvellier. Il raconte les pérégrinations de cette petite fille juive dont les parents sont arrêtés et déportés en 1942. Seule rescapée de la rafle, Clara survit en passant de mains en mains, confiée aux bons soins d’une dizaine de personnages qui sont autant de chapitres de cette histoire.

images d’un souvenir rêvé

Prenez place sur les coussins et mettez le casque sur vos oreilles !

©Jonathan Bayol

©Jonathan Bayol

La voix d’Olivia Kryger…

©Emmanuel Rioufol

©Emmanuel Rioufol

… et l’univers sonore de Pierre Badaroux vous embarquent.

© Emmanuel Rioufol

© Emmanuel Rioufol

ambiance sonore

Pierre Badaroux a composé un moment sonore inédit où il raconte, avec la complicité de la comédienne Olivia Kryger, l’expérience particulière qu’est ce spectacle « sous casque ».

ATTENTION : Pour profiter pleinement du système de spatialisation du son, il est nécessaire d’écouter au casque ou avec des écouteurs.

à la fin de la représentation,
vous auriez pu applaudir…

d’après le roman de  Vincent Cuvellier
musiques et sons  Pierre Badaroux, Laurent Sellier
voix parlée Olivia Kryger
musiciens Pierre badaroux, Nicolas Larmignat
régie générale  Frédéric Gillman

autour de L’Histoire de Clara, d’autres « chemins de mémoire » …

> Pour Maxime Le Gall, comédien et membre du collectif d’artistes, cette histoire entre en résonance avec celle de Georges Perec : il avait 5 ans quand il a été, lui aussi, séparé de ses parents pour être cacher en zone libre. Il ne retrouvera pas ses parents après la guerre.

Dans W ou le souvenir d’enfance, il fait la tentative d’une autobiographie de ses premières années -presque oubliées- en y mêlant un récit de fiction.

« Je dispose d’autres renseignements concernant mes parents ; je sais qu’ils ne me seront d’aucun secours pour dire ce que je voudrais en dire. (…)
Je ne sais pas si je n’ai rien à dire, je sais que je ne dis rien ; je ne sais pas si ce que j’aurais à dire n’est pas dit parce qu’il est l’indicible (l’indicible n’est pas tapi dans l’écriture, il est ce qui l’a bien avant déclenchée) ; je sais que ce que je dis est blanc, est neutre, est signe une fois pour toutes d’un anéantissement une fois pour toutes.
C’est cela que je dis, c’est cela que j’écris et c’est cela seulement qui se trouve dans les mots que je trace, et dans les lignes que ces mots dessinent, et dans les blancs que laisse apparaître l’intervalle entre ces lignes (…) : je ne retrouverai jamais, dans mon ressassement même, que l’ultime reflet d’une parole absente à l’écriture, le scandale de leur silence et de mon silence je n’écris pas pour dire que je ne dirai rien, je n’écris pas pour dire que je n’ai rien à dire. J’écris : j’écris parce que nous avons vécu ensemble, parce que j’ai été un parmi eux, ombre au milieu de leurs ombres, corps près de leur corps ; j’écris parce qu’ils ont laissé en moi leur marque indélébile et que la trace en est l’écriture : leur souvenir est mort à l’écriture ; l’écriture est le souvenir de leur mort et l’affirmation de ma vie. »

extrait de W ou le souvenir d’enfance, de Georges Perec
Editions Denoël , 1975/collection « L’Imaginaire », Gallimard, 1993

> En écoutant ces pistes audio, Cécile Backès a souhaité partager la lecture d’un extrait de Histoire des grands-parents que je n’ai pas eus, d’Ivan Jablonka, historien et écrivain, parti sur les traces de Matès et Idesa, ses grands-parents arrêtés en 1943, puis déportés et morts à Auschwitz. Une passionnante et bouleversante enquête menée sur la famille, l’héritage et l’Histoire avec, en exergue, cette phrase de Michelet : L’âme des pères qui, tant de siècles, souffrirent et moururent en silence, revint dans les fils — et parla.

extrait de Histoire des grands-parents que je n’ai pas eus, de Ivan Jablonka
Editions du Seuil, 2012/collection « Points », 2013

> Écoutez Parler encore : collégiens et survivants face à la Shoah (France Culture)

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