Georges ou le cabaret feydesque

Mise en scène Ludmilla Dabo Avec Valentine Berthier, Laurie Caillet, Livia Codevelle, Naomi Dauchelle, Zoé Delporte, Manon Guilluy, Loan Hermant, Grégoire Vat

Durée 1h30

  • Le Studio théâtre › 29 et 30 juin à 19h

Tout au long de l’année, les élèves de la classe préparatoire de la Comédie de Béthune ont dialogué avec Ludmilla Dabo, comédienne, metteure en scène et marraine de promotion.
Ce dialogue s’est noué autour de leur désir de théâtre pour envisager ce projet de clôture de leur année de formation.
Ainsi est né « Georges ou le cabaret feydesque »
Nous voulons achever cette année en Fanfare !!!
Ce n’est pas exactement en ces termes que les élèves avaient exprimé leurs désirs sur le projet de fin d’année, mais quelque chose de théâtral dans cette expression a séduit Ludmilla : Achever en Fanfare.

En d’autres termes, ceux des élèves, terminer dans la fête, se diriger vers un ailleurs artistique dans la joie, la gaieté, dans une énergie positive et surtout collective, qui donne de l’enthousiasme, de l’entrain, de l’espoir.
Mais comment et avec quoi justifier ce désir : des musiques ? Des chants ? Des danses et déclamations ? Et autour de quoi alors ?
Une question qui n’a cessé d’être posée depuis le début de l’année comme en filigrane dans leur parcours de formation quotidien. Une volonté de les pousser à raconter leurs désirs de théâtre, celui qui chaque matin les nourrit.

Dans ces échanges Feydeau surgit.
Et c’est vrai, Feydeau, c’est drôle. Que l’on aime ou non cet auteur ou les intrigues qu’il convoque, force est de constater qu’un rire nous échappe toujours lorsque l’on ouvre une de ses pièces et que l’on tombe ne serait-ce que sur dix répliques qui se succèdent.

Scènes de ménage, grivoiseries, mariages arrangés, mariages forcés, divorces, adultères, usurpation d’identité, travestissement, voyage dans le temps, inventions mécaniques chez Feydeau, c’est variation sur les mêmes thèmes mais toujours avec une irrévérence qui encore aujourd’hui nous interpelle.

Spontanément, la première impression massive est d’estimer Feydeau et le vaudeville comme sacrément suranné à notre époque.
Et pourtant, des réflexions sur le néo-féminisme, la misogynie, la reconnaissance sociale, la quête d’une ascension sociale, l’ambition, la séduction, la quête de situation, l’entre-soi, le sur-moi, la bourgeoisie et l’argent, sont disséminés dans chacun de ces textes tel un miroir d’une société où l’être ne peut pas vivre sans exister dans le regard de l’autre. Désiré par l’autre. Aimé par cet autre. Dominant l’autre, en toute contradiction, en toute complexité.
Quelle surprise de pouvoir regarder ce miroir déformant comme sacrément actuel.

Alors, guidés par Ludmilla Dabo, les élèves survoleront, s’accrocheront sommairement à ces thèmes disséminés dans l’écriture de Feydeau. Ils iront fouiller dans la vie de l’auteur pour comprendre dans quelle société s’inscrit son écriture. Puis confronteront sa vie, ses textes à leurs sensations, à leurs impressions, à leurs désirs de plateau, à leurs différentes pensées sur le théâtre qui nourrissent intimement la route artistique, parfois aux antipodes du monde feydal .

Ils iront vite, ils improviseront, ils construiront des tableaux, ils joueront des scènes aussi, toujours en projetant leur regard sur la farandole de personnages que Feydeau propose, pour convoquer le public dans un cabaret. Un cabaret feydesque en somme.

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© Collectif Des Routes
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