Œuvre quasi inconnue de Shakespeare, Édouard III nous balade avec audace de romance intimiste en scènes de guerre épiques… Toujours avec une poésie inimitable…
Édouard III, roi d’Angleterre, tombe éperdument amoureux de la comtesse de Salisbury, qu’il tente, malgré ses réticences, de conquérir par tous les moyens. De ses amours de jeunesse tourmentées à ses faits de guerre, la pièce relate la vie mouvementée d’un homme devenu une légende de son vivant. Tragique, comique, grave, romantique, flirtant parfois avec les limites du loufoque, Édouard III se joue des registres avec une étonnante liberté, offrant au public un voyage dans le temps absolument jubilatoire. Dans la lignée de la tradition shakespearienne, Cédric Gourmelon choisit pour sa mise en scène une troupe d’acteurs et actrices intenses, mêlant les générations, et qui embrassent à merveille le choix d’un théâtre populaire. Les costumes d’époque et les décors, créés de main de maître, nous embarquent physiquement dans la richesse d’un destin plein de surprises. Un grand moment de théâtre dont on ne saurait ressortir indemne.
Une première française jouée à Béthune
Tout à fait inconnue, la pièce Édouard III n’a été ajoutée que très récemment à la bibliographie shakespearienne et n’a, selon toute vraisemblance, encore jamais été mise en scène. C’est donc à Béthune, non loin de là où se déroule dans le récit le siège de Calais, qu’elle se jouera pour cette première historique. Afin de faire découvrir l’œuvre dans sa forme première, Cédric Gourmelon a opté pour un respect strict du texte… Sans pour autant s’interdire de s’amuser aux côtés de la troupe pour le déployer dans toute son ampleur, avec la liberté propre à la forme théâtrale.
Une œuvre unique en son genre
Une drôle de pièce de Shakespeare… C’est ainsi que Cédric Gourmelon, metteur en scène d’Édouard III, qualifie cette œuvre. Tout en contrastes, elle passe d’une ambiance à l’autre avec des transitions si abruptes qu’on se surprend parfois à en sourire. De l’amour à la guerre, en passant par la transmission de père à fils, elle se distingue par la variété des thèmes et registres abordés. La pièce étonne à plus d’un égard… Y compris par la présence de figures féminines fortes. Face à la violence, la contrainte et l’absurdité terrible de la guerre, elles parviennent à faire entendre la voix de la raison avec éclat. Leurs interventions, décisives, font contraste avec la naïveté parfois déroutante de ces hommes pour qui combattre jusqu’à la mort devient l’unique raison d’exister.
Je souhaite covoiturer- texte
- William Shakespeare
- mise en scène
- Cédric Gourmelon
- avec
- Zakary Bairi, Laurent Barbot, Jessim Belfar, Vladislav Botnaru, Guillaume Cantillon, Victor Hugo Dos Santos Pereira, Vincent Guédon, Manon Guilluy, Fanny Kervarec, Christophe Ratandra
- traduction
- Jean-Michel Déprats et Jean-Pierre Vincent
En bref...
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