Édito Saison 14-15

Édito Saison 14-15

Publié le 28 août 2014 dans Actualités

Directrice depuis le 1er janvier de la Comédie de Béthune, j’imagine des projets pour les salles du palace et du studio, ainsi que pour le réseau de communes partenaires d’Itinéraire Bis, projet de décentralisation sur le territoire. sa rénovation achevée, Le Palace réouvrira bientôt ses portes, accueillant désormais une salle de répétition. je remercie l’ensemble des partenaires pour leur engagement dans ce projet, qui va doter le Centre Dramatique National Nord – Pas de Calais d’un équipement complet pour la création.

Inscrivant mon travail d’artiste dans les enjeux contemporains, je souhaite partager ce théâtre avec d’autres en y réunissant un collectif d’artistes. partager et transmettre : deux verbes forts qui fondent l’acte théâtral. On peut dire que je suis une metteure en scène engagée mais dans la gaieté, dans un état d’esprit festif et curieux. Brecht ne parlait-il pas de « traiter le théâtre comme lieu du divertissement » ?

La salle de répétition accueillera le travail de plusieurs équipes artistiques. Beaucoup de créations, donc, parmi les spectacles de cette première saison. Les personnages d’Henry VI, d’Argan ou d’Yvonne y côtoieront des héroïnes d’aujourd’hui — Frasquita, Elisabeth, Aurore, Emma — des jeunes — les Schwartz et les Pinkettes, Ernesto, Jeanne, Yann et Marie, Elikia et Joseph, les brothers et les sisters… Il y aura même un bébé, trois anges, un cheval et une chèvre. on y verra toutes les générations et on y découvrira de nombreuses voix d’écrivains d’aujourd’hui.

Ce que j’ai choisi d’entreprendre est à la fois solide et fragile. Car l’art du théâtre repose sur une rencontre dans l’instant présent entre artistes et public. prenons-en soin.
nous traversons une période de crise qui fragilise nombre d’entre nous : sachons estimer la valeur d’un silence, la beauté d’une écriture ou la joie d’un rire parcourant une salle entière. Faisons du théâtre un lieu de partage capable d’ouvrir sur une perspective collective. C’est d’abord cette pensée que je vous propose de partager : n’oublions pas d’imaginer comment pourrait être notre monde.

Cécile Backès