retours en images

LES MOTS FLEURISSENT DANS LA VILLE

Publié le 20.07.17 par Compagnie Karakol

Et bien voilà, on y est :

Après 6 semaines de  chantiers de fouilles, 10 jours de post-production : tri des productions des ateliers d’archéologie imaginatives, sélection des textes, montage,  gravage des cartels de rue, réalisation de la cartographie du parcours, impression et collages des alphabets-ville dans les quartiers, sélection et montage des radio-trottoirs, mise en page de nos différentes collectes afin de vous les partager avec notre petite exposition mobile, nous sommes aujourd’hui rentrées dans nos pénates et vous livrons ici les dernières nouvelles du projet, « il y a très longtemps, en 2017, à Béthune ».

Lundi 10 juillet :

L’équipe de Karakol s’est armée de ses grands pistolets à colle, de ses perceuses/viseuses pour faire fleurir les mots dans la ville. Et c’est parti pour 3 jours d’installation. Nous surveillons la météo pour passer entre les gouttes épaisses des orages d’été, car bien que la colle soit ultra-résistante, les tests prouvent que coller sur zone sèche reste bien plus pertinent.

Les regards des passants sont curieux et amusés, certains compléteraient bien encore le lexique, d’autres s’interrogent d’y voir des noms d’amis. Des marcheurs se laissent prendre au jeu et suivent les plaques. Les participants aux ateliers se réjouissent de relire leurs poèmes, les propriétaires des murs acceptent avec plaisir que l’on dépose quelques brins de poésie chez eux…Des enfants partent en quête des lettres re-déposées sur les murs.

Quelques plaques non approuvées furent censurées par un petit groupe d’arracheurs, qui se firent assez rapidement remonter les bretelles par le voisinage… Nous restons jusqu’au bout de ce projet ravies et étonnées…

Soirée du mercredi 12 :

Les plaques sont toutes installées (environ 200) , la répétition avec nos complices promet de jolis moments, le farmtruck nous a retrouvé et nous concocte quelques délices pour le buffet final. 

Ne nous reste plus que quelques 150 cartes à plier, et quelques surprises qui ponctueront le parcours de manière plus éphémère à préparer…

Le jeudi 13 juillet 2017, dès 11h, nous prenons place sur la place de la Communication, au cœur  de la fête inaugurant « nos quartiers d’été »  et le festival des arts urbains. Le farmtruck ouvre ses ailes et l’exposition s’installe.  On refait une beauté au bureau vélo… La journée promet d’être ensoleillée et musicale !

Les passants ont pu découvrir le fruit de nos explorations, ainsi que la carte invitant à se promener dans les différents quartiers explorés :

            

ici vous pouvez découvrir la carte proposant de découvrir le parcours à caractère poétique : N’hésitez pas c’est l’occasion d’une jolie ballade en ville…

Bethune-balade-poetique-Karakol-2017

En fin d’après-midi, les plus téméraires ont embarqué avec nous pour une balade contée sur les traces des petits cartels rouges qui envahissent la ville.

Rendez-vous pris sous l’arche rouge. Après un premier acte d’imagination , la petite équipe part en exploration au travers des quartiers. 

– Nous découvrons la forêt aux poèmes :

Les Arbres Bicravent le Ciel et Dansent,

Espoir aux Fenêtres, Graffitis sur

 l’Herbe sous les Immeubles Joueurs.

Des Kilos d’Ordures en Liberté, 

Monstres Néfastes, Observent l

es Piétons du Quartiers des Ronds points

Succédant aux Tours, à l’Unisson.

Vent, Whou! Y’a pas photo!  Zut!

(« poème alphabétique » inspiré des mots du lexique du quartier)

– Un peu d’archéologie expérimentale lorsque nous croisons ce cartel rouge : 

 » Grande structure circulaire de diamètre variable (6m minimum), entourée d’une chaussée bitumée et agrémentée de panneaux métalliques avec des flèches aux quatre coins cardinaux. Tapis d’herbe ou de buissons en son centre et bordures de béton parfois striées.

Défouloir circulaire ? Utilisé pour se libérer des tensions et du stress accumulé au cours de la semaine. On court autour jusqu’à défoulement complet. « 

Et si on essayait…

– Une fois bien défoulé, le groupe de marcheur prend la rue de Péronne. C’est une rue bavarde qui alpague les passants. Certains n’étaient jamais venus jusque-là et s’étonnent du calme, du charme des maisons…et de l’abandon de certaines d’entre elles… Nous regardons le quartier différemment…

 

– Sur la route nous croisons des « tailleurs de poèmes », qui nous offrent des  Haïkus… Le buisson regorge de petits poémes…  Chacun se sert et une lecture en cercle s’improvise sur un petit triangle enherbé. Haïkus en  main on reprend la route vers l’église Saint-Christophe. Chemin faisant, nous faisons offrande de poèmes aux passants et en déposons quelques uns dans les boîtes aux lettres du quartier.

 

            

– Tout près du chemin du paradis nous tombons sur un …

« Dispositif peint directement sur le bitume entre deux bordures surélevées. Il est formé de grandes bandes blanches et noires rectangulaires régulièrement espacées.

Equilibreur d’énergies ?

 

Variante rectiligne du célèbre symbole oriental ying-yang. L’usager se déplace en sautant de bandes en bandes, choisissant le blanc ou le noir en fonction de ses lacunes en ying ou en yang. L’abondance de ces dispositifs semble indiquer de fréquents dysfonctionnements énergétiques chez les populations en place. »

Nouvelle occasion pour nous de nous livrer à une expérimentation d’archéologie rétro-futuriste : l’équipe se rééquilibre sur ce dispositif avant de reprendre la route vers la cité  Bristol qui nous accueille en musique.

 

 

 

Nous nous asseyons dans l’herbe. Les enfants viennent nous retrouver pour assister Sandrine dans le récit de l’histoire de la Mémé et du poulet inventée avec eux lors de notre deuxième semaine d’exploration… 

– La balade se clôture près du Farmtruck, qui nous attendait au pied de l’église St-Christophe, avec de très jolies boissons estivales.

La lecture des cartels continue pour certains,  les haïkus fleurissent dans la bouche des enfants, et puis viens l’heure du concert et des au-revoir…

Nous repartons souriantes, des projets plein la tête….par ici des tables de pic-nique bavardent, par à une envie de publication se dessine…et creuser encore, pour découvrir ce qui se cache dessous la rue, et plus profondément, et encore plus bas … 

Un très grand MERCI à tous ceux qui nous accompagner et qui ont bien voulu jouer avec nous à débusquer l’extraordinaire dans l’ordinaire et à regarder nos quartiers avec ce petit pas de coté!

 

Pour finir quelques sons collectés pendant nos explorations:

 

 

 

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