Quelques questions à Adèle Choubard

Quelques questions à Adèle Choubard

Publié le 15 février 2024 dans À PROPOS , #3
Adèle Choubard - © Simon Gosselin
Adèle Choubard – © Simon Gosselin

Pouvez-vous nous parler de votre parcours ?

Je m’appelle Adèle Choubard, je suis née dans le Nord à Lille.

C’est dès 8 ans que je commence à découvrir le théâtre à la ligue d’improvisation de Marcq en Baroeul. L’esprit de troupe me bouleverse et l’envie de continuer le théâtre m’habite alors très fort.

Adolescente, je choisis alors l’option théâtre au lycée pasteur tout en intégrant le conservatoire régional de Lille. C’est ici que le rapport au texte, la découverte des auteur.ices m’anime et confirme mon envie de devenir comédienne.

Au cours de cette période, le cinéma m’ouvre ses portes et je suis sélectionnée pour interpréter Provence dans le film LOL de Lisa Azuelos aux côtés de Sophie Marceau. L’entrée dans le monde de l’image et l’effervescence des plateaux de tournage me passionnent !

En poursuivant ma scolarité, je fais encore un bout de chemin au cinéma et à la télévision pour intégrer ensuite le cours Florent pendant 3 ans à la sortie du BAC.

Je me sens un peu seule sur les bancs de cette école privée, je décide donc quelques années plus tard de passer le concours de l’École du Nord. Portée par l’exigence des intervenants et des grands auteurs, c’est aussi l’envie de revenir dans ma région qui me pousse à passer ce concours.

J’intègre alors la promotion 6 de l’École du Nord où j’ai la chance de travailler aux côtés de Alain Françon,Tiphaine Raffier, Guillaume Vincent… La rencontre avec ce dernier s’avèrera déterminante. En effet, à l’issue de ce stage le spectacle Vertige (2001-2021) voit le jour et se trouve programmé pour la saison 2023/2024 au théâtre de l’idéal à Tourcoing, au théâtre des Bouffes du Nord à Paris puis en tournée dans toute la France.

C’est dans les murs de l’École du Nord que mon premier spectacle 7 JOURS émerge. En effet, à l’issue d’un module en dernière année “ Croquis de Voyage”, l’envie de l’écriture et de la mise en scène – en moi depuis longtemps – se manifeste.

Le nord revient alors comme une évidence pour être la toile de fond de mon premier spectacle. Je décide donc de monter ma compagnie ADELE BAZAR dans les Hauts-de-France.

Quelle est votre actualité ?

Les prochaines dates du spectacles 7 JOURS seront le 18, 19 avril 2024 à la Maison Folie de Wazemmes à 20h.

Quels ont été les leviers, les moments clés qui vous ont permis d’arriver là où vous en êtes aujourd’hui ?

L’écrin de l’École du Nord a été essentiel pour le temps d’écriture et de développement du projet.

La rencontre avec la chambre d’eau nous a permis d’avoir un premier soutien financier pour structurer le projet et envisager une production dans des conditions professionnelles.

L’apport en compétence du 232U nous a donné l’espace et le temps nécessaire pour réfléchir à l’espace scénique et prendre de la hauteur.

La diffusion d’une première forme au festival de la Mascarade nous a permis d’être repéré par les équipes du nouveau théâtre de l’atalante.

7 JOURS a donc été sélectionné dans le cadre du festival NTA à Paris. Nous avons eu l’occasion de séjourner au nouveau théâtre de l’atalante pour une semaine avec 3 jours de diffusion le 13,14,15 décembre 2023.

À chaque résidence, comme par exemple à la Gare St Sauveur de Lille, nous avons ouvert la création aux professionnels, ce qui a permis de faire connaître la compagnie et de susciter l’intérêt de professionnels.

Christine Chalas est notamment venue voir notre travail et a soutenu la programmation à la maison folie de Wazemmes.

7 JOURS a également été sélectionné dans le cadre du dispositif Théâtre Exchange au centre Léo Lagrange à Amiens le 1er décembre 2023 qui sont des journées professionnelles dédiées à l’émergence et qui permettent aux compagnies de circuler entre le versant Nord et Sud des Haut-de-France.

En parallèle nous avons reçu le soutien de la région Hauts-de-France et de la Ville de Lille.

C’est très précieux de voir que ces premiers partenariats donnent lieu à des échanges réguliers entre ma compagnie et ces lieux culturels et laissent entrevoir un compagnonnage sur le long terme.

Quel regard portez-vous sur la situation actuelle du théâtre en France, notamment par rapport à l’émergence ? Est-elle favorable au développement des parcours de jeunes artistes ?

Mon passage à l’École du Nord a je pense été déterminant pour m’ouvrir les portes de certains réseaux professionnels et pour acquérir la légitimité de se présenter comme une compagnie professionnelle.

Ceci-dit, même si je m’estime très chanceuse et très soutenue dès mon premier projet pour la création de mon spectacle, la diffusion de 7 JOURS se heurte à des obstacles qui sont communs aux compagnies qu’elles soient émergentes ou non : les théâtres réduisent la voilure de leur programmation, les directeurs et directrices de lieux sont sur-sollicité.es et les dispositifs financiers qu’ils peuvent mobiliser en complément de leur budget sont fléchés vers la création et non la diffusion.

Pour créer dans des conditions professionnelles et être visible par les programmateurs, une jeune compagnie doit dès ses débuts s’entourer de postes en administration, communication, production. Les prix de cessions tirés vers le bas ne couvrent plus les financements de ces embauches alors qu’ils sont essentiels.

Les calendriers de demandes d’aide nécessitent d’avoir des partenaires qui s’engagent sur votre prochain projet avant même que les prémisses de la création aient lieu…

Si vous en aviez la possibilité, quelle mesure ou initiative permettant d’améliorer l’accompagnement de l’émergence mettriez-vous en place ?

  • Alléger pour les compagnies émergente les formalités de dépôt d’aide
  •  Faire des programmations qui ne sont pas annuelles mais trimestrielles
  • Uniformiser les demandes d’appel à projets
  • Intégrer des blocs de formations administratifs plus conséquents dans les écoles supérieures